Le programme “LEARN’in Auvergne”, pilier de l’offre de formation

responsable : Francoise Caira

CAP 20-25 se concentrera sur un programme de formation, qui peut être divisé en deux objectifs principaux:

a) Combiner les concepts pédagogiques innovants avec des nouvelles approches numériques

Au cours du projet, de nouveaux programmes d’enseignement seront développés, tandis que des méthodes d’apprentissage, des services et des pratiques d’enseignement pédagogique destinés aux étudiants seront renouvelés. Ces développements seront réalisés par l’intermédiaire d’un Centre d’ingénierie pédagogique, véritable Centre d’Apprentissage du programme consacré aux enseignants et enseignants-chercheurs pour leur formation et leur soutien en matière d’outils numériques et de pédagogie universitaire. Ce centre regroupera toute l’expertise nécessaire à la conception de systèmes d’apprentissage, de technologies de l’information et de la communication appliquées aux techniques audiovisuelles et de l’enseignement. ll sera complété par un réseau de plateformes d’information et de communication dédiées à la formation, et implémenté sur tous les sites de la région Auvergne. Une attention particulière sera portée aux mesures destinées à faciliter l’accès aux ressources numériques, à leur diffusion et à leur assimilation par les étudiants, les enseignants et tout le personnel des partenaires de CAP 20-25, ainsi qu’aux mesures destinées à superviser et à évaluer la qualité de l’enseignement et des services de façon à mettre en place une dynamique d’amélioration continue. Le personnel formé sera identifié pour chaque institution et aura un rôle de support local pour l’enseignement numérique et audiovisuel. Ce personnel constituera un réseau coordonné de proximité pour les utilisateurs.

Les innovations pédagogiques de CAP 20-25 peuvent être répertoriées en trois catégories principals :

Apprentissage en réseau : Le but est de construire et de maintenir des réseaux d’étudiants d’origines différentes (étudiants venant des établissements du site et d‘universités étrangères et personnes venant de la sphère socio-économique inscrites en formation continue). La qualité générale des étudiants sera supérieure dans les groupes de formation ciblés, grâce à l’échange des meilleures pratiques et des meilleurs enseignants à la fois, mais également des contributeurs invités venant de la sphère socio-économique qui participeront au réseau et étofferont les discussions. Un réseau décentralisé, ouvert à tous, augmentera la diversité des étudiants et améliorera ainsi la qualité des thèmes abordés. Il garantira également une meilleure continuité entre les périodes de formation et les périodes de stage (et d’apprentissage), et permettra aux étudiants de garder leurs contacts une fois qu’ils auront intégré le monde professionnel et de partager leurs expériences professionnelles. Les enseignants tireront également profit de ces expériences et seront capables d’ajuster leurs cours de formation théorique en fonction des attentes du monde professionnel.

Placer la sphère socio-économique au cœur de la stratégie de formation : L’objectif est d’impliquer l’Université Clermont Auvergne, l’Université-cible de CAP 20-25, dans un processus de co-construction entre l’établissement d’enseignement supérieur et la sphère socio-économique. De cette façon, chaque formation bénéficiera de meilleures perspectives d’emploi puisqu’elle répondra aux attentes de la sphère socio-économique. Ce processus de construction conjoint influencera ainsi plusieurs aspects des cours de formation, comme la définition des compétences requises, le contenu des cours et la durée des cours de formation, ainsi que les indicateurs clés de l’évaluation des compétences apprises.

De façon à assurer une continuité entre la conception du cours de formation et sa mise en œuvre effective, nous proposons une participation significative des contributeurs invités de la sphère socio-économique (30 à 50% du contenu du cours). Les autres mesures permettant d’assurer un niveau élevé d’interaction avec le monde socio-économique comprennent : (I) l’homogénéisation des cours diplômants conventionnels avec ceux de l’apprentissage continu par la création d’équipes de projet, dans lesquelles les étudiants inscrits à des cours conventionnels sont regroupés avec des personnes de la sphère socio-économique inscrites à des programmes de formation continue ; (II) la mise en place d’un lieu spécifique où les entreprises, les étudiants, les enseignants et les enseignants-chercheurs pourront se rencontrer autour de projets spécifiques.

Enseignement actif et apprentissage actif par l’encouragement de toutes formes d’interaction : Le but de cette démarche est de mettre en place un plan de formation collaborative dans lesquels les étudiants aient davantage de contrôle sur les tâches qui leur sont assignées, en particulier sur les tâches où ils font face à des conflits socio-cognitifs (en transmettant leur propre point de vue, en défendant leurs propres idées, en prenant en compte les idées des autres, etc.). L’accent sera mis sur le travail (de groupe) collaboratif (par exemple, le partage d’expériences, la formation entre pairs, et le mélange d’étudiants de formations différentes). Les outils en ligne seront également utilisés pour faciliter l’interaction. Le but ultime est de créer une intelligence collective (avec un niveau élevé de créativité et d’autonomie), qui est désormais considérée comme essentielle par les partenaires socio-économiques. À long terme, les étudiants seront capables de contribuer à la préparation de supports pédagogiques et de participer à l’amélioration constante des cours de formation.

Cette nouvelle approche pédagogique est comparable à celle développée par l’UCISA, l’association des systèmes d’information dans le cadre de l’enseignement supérieur du Royaume-Uni : (I) elle accorde davantage d’importance à l’apprentissage plutôt qu’à l’enseignement, et l’apprenant est perçu comme un co-créateur de connaissance plutôt que comme un consommateur d’information transmise ; IIi) elle permet une intégration harmonieuse entre différents types d’activité d’apprentissage, par exemple entre l’apprentissage formel et informel et entre l’apprentissage en groupe et individual ; (III) elle soutient les enseignants en offrant de nouvelles possibilités de concevoir de nouveaux types d’activité d’apprentissage qui encouragent les étudiants à créer ainsi qu’à consommer des ressources pédagogiques et à collaborer de différentes manières dans le cadre de la convergence des environnements physiques et virtuels. L’idée est de créer un sentiment d’appartenance à une communauté d’apprentissage.

b) Mettre en place un nouvel ensemble d’enseignements dédiés à la transition vers la technologie numérique

D’ici 3 ans, par le biais du programme “LEARN’in Auvergne” et en phase avec les quatre challenges scientifiques stratégiques, un ensemble de modules multidisciplinaires (à intégrer dans différentes formation de master, d’ingénieur et de doctorat ainsi que dans la formation continue), qui visent à favoriser les usages du numérique, sera mis en place. Cet ensemble de modules est orienté vers les nouvelles professions et les nouvelles compétences nécessaires à la transition numérique, dans le but d’améliorer l’employabilité. Ces nouveaux modules de formation partageront une approche multidisciplinaire (entre les sciences fondamentales et les sciences sociales) et les interactions avec les acteurs socio-économiques et territoriaux. L’idée est d’intégrer cette formation multidisciplinaire dans des domaines appliqués. Cet ensemble combinera des formations nouvelles (des “diplômes professionnels” aux masters) avec des cours adaptés aux nouvelles entreprises, et favorisera également la formation en apprentissage.

L’établissement d’un lien étroit avec la recherche se manifestera par la création d’un groupe de recherche pour piloter les futures formations, et par le renforcement du programme « chaires d’excellence » de la politique des talents du CAP20-25, par exemple sur des questions concernant l’utilisation du numérique et le « droit », « l’économie et le management », la « géographie » ou la « psychologie sociale ». L’intégration de la technologie numérique à la formation et à l’innovation pédagogique et les liens avec la recherche en informatique, en intelligence artificielle et en sciences de la cognition sur le site donnent à CAP 20-25 les moyens de réaliser cette ambition.